Phares de Coatmer Amont et Aval
Phares de Coat mer Amont et Aval
Nous sommes toujours dans les Côtes d’Armor, sur la commune de Lézardrieux. Plus particulièrement sur la rivière Trieux, certains l’appelle fleuve. Pendant fort longtemps elle se nommait rivière de Pontrieux principal port de la région.
Le Trieux, est vital pour la région à l’époque de la marine à voile, il permet l’accès à la Manche du port de Pontrieux en amont et plus tard Lézardrieux. Il est dans le collimateur du célèbre Vauban (1633-1707) qui le verrait bien aménagé pour parquer des navires de guerre.
Lorsque l’on parcourt les délibérations du conseil général des Côtes du Nord du 1er janvier 1863, l’on peut lire.
Un projet port refuge pour les navires de guerre est toujours en cours. Entre l’île à Bois et Lézardrieux ce sont des eaux profondes que la marine envisage d’aménager pour ses navires. Cela passe par un balisage sérieux de la rivière Trieux. Lors de ces délibérations il est dans les cartons la construction d’un phare de premier ordre sur les Roches Douvres.
Mise en service
Dans les annales du Yacht club de France du 07 janvier 1869. L’on stipule qu’à partir du premier janvier de cette même année, deux feux fixes rouges seront allumés et ce, pendant toute la durée des nuits sur le rivage gauche du Trieux.
Feu Aval, sur l’extrémité de la presqu’île de Coatmer, devant une fenêtre de la maison du gardien peinte en blanc. La hauteur du foyer au-dessus du sol est de 5 mètres, au regard des marées les plus hautes 12 mètres. Portée du faisceau 6 miles marins, appareil lenticulaire éclairant depuis le Nord 17° Est jusqu’au Sud 17° West.
Feu Amont, il trouve sa place dans les terres parmi les champs d’artichauts et de chou fleurs. En retrait de 660 mètres sur fanal aval et à 89° Sud Ouest. C’est une tourelle de maçonnerie carrée avec un badigeon de couleur blanche. La hauteur du foyer au-dessus du sol est de huit mètres. En revanche, au-dessus des plus hautes marées c’est 46 mètres d’altitude.
L’appareil est catoptrique d’une portée de 8 miles marins. Pour rappel en 1869 l’on parle de distance en miles marins. Eclairage dans un espace angulaire de 12° à gauche et à droite.
Les arbres commençant à gêner le faisceau du fanal seront rabattus en 2025. En l’année 1897 les deux appareils passeront de rouge fixe à rouge clignotant.
En 1911, selon un arrêté ministériel du 11 avril, Mme Le Gonidec né Kergadallan (Marie) est nommée gardienne hors classe aux services des feux de Coatmer suite au décès de Mme Hery.
Navigation
Toujours dans le bulletin du Yacht club de France de 1869. Les navigateurs venant du large et désirant se rendre à Lézardrieux ou Pontrieux. Ils vont suivre l’alignement de feux scintillants que procure le phare de La Croix et celui de Bodic. Lorsque l’on arrive près du phare de La Croix l’on se déporte légèrement vers le Sud-Ouest afin d’attraper l’alignement des deux feux de Coatmer.
En 1878, dans le livre de transports maritimes de France, ils évoquent le Trieux une fois de plus, cette fois-ci au passé.
De grands projets étaient envisagés sur la rivière Trieux. Entre l’île au Bois et Lézardrieux, de vastes points de mouillages sont possibles. Tant pour des ports militaires que commerciaux, n’oublions pas le souci des envahisseurs habitant de l’autre côté de la Manche.
A l’époque l’île à Bois est une grève de 1500 mètres de longueur et 400 de large, des navires de cent pieds peuvent y manœuvrer. L’anse de Coatmer plus modeste fait quand même, 900 mètres de longueur et 200 de large.
Mais, car il y a toujours un mais, l’aménagement des infrastructures de ces grèves seraient trop couteux. L’installation de quais et murs dont ceux-ci devraient avoir une hauteurs de 20 mètres afin de compenser les plus hautes marées.
Pour finir d’enfoncer le clou, des ports sur le littoral prennent de l’ampleur, à savoir, Brest, Saint Nazaire et Saint Malo.
1887 pour terminer
Un article parait dans le journal, « le Phare de la Manche » d’une demande de financement par l’amiral Aube pour l’année 1887 de 4millions 705 mille francs. Le projet ferait au total 26 millions 800 cent mille francs afin de construire des ouvrages pour le service des torpilles et torpilleurs dans les arsenaux et toujours l’établissement de deux ports refuge dans l’anse de Coatmer.
Merci d’avoir lu ce petit article et au plaisir de se lire 73.










