Feu du Village et compagnie

Feu du Village et compagnie,

Le « Feu du village » est un fanal matérialisant le terminal méthanier de Saint-Nazaire. Sachant que les gros méthaniers de plus de 300 mètres de long n’arrivent jamais seuls, ils sont guidés par au moins trois remorqueurs du port.

Le gros lard irait sinon, se fracasser sur l’appontement en béton et adieu le petit confort des pantouflards que nous sommes parfois, en ces longues soirée d’hiver. Ce petit fanal qui éclaire quand même à, 8 miles nautiques se situe au 48° 18′ 01″ N et 02° 08′ 80″ W, c’est un pylône métallique 7 mètres de hauteur.

Quel idée d’écrire une bafouille sur ces petits fanals que personne ne regarde, des petites mains de la mer. Faut oser après le splendide reportage de Thalassa du début 2016, sur les sentinelles de la mer. Ces « orphelins » qui luttent courageusement face aux éléments déchaînés. Mais une fois que les navires ont passé les grands phares, qui les guide ?

Petites mains,

Bien ce sont les petites mains, ces personnages transparents que l’on ne regarde jamais, comme un dû. Bien sûr ce ne sont pas des phares comme le disent les puristes, Ils n’éclairent pas à 50 miles nautiques, ne font pas 40 mètres de hauteur, ne sont ni en granit, ni en pleine mer non plus….Mais, ils existent.

Difficile dans ce fatras de trouver un fanal

Difficile dans ce fatras de trouver un fanal

Le même de nuit,Ben oui,faut chercher

Le même de nuit. Ben oui! Faut chercher

 

 

 

 

 

 

Oui ! Je sais ! Pas facile de trouver cette tête d’épingle rouge dans ce fatras de tuyaux, coudes et amarres en tous genres. Bien sûr lorsqu’un méthanier comme le « Lng  Adamawa » est à quai celui-ci est masqué par le navire qui lui, reprend ce feu sur le haut de son château. La présence du remorqueur « Bretagne » annonce le départ du méthanier, profitant de la pleine mer, et  les longues minutieuses manœuvres de ceux-ci. C’est toujours un plaisir de regarder ces professionnels de la mer. Peut-être qu’ à moyen terme, ces marins seront remplacés par des robots pilotés par satellite, mis au point par des boutonneux diplômés…

Bon, soyons sérieux,

Désolé, pour cette plaisanterie douteuse mais, si la plaisanterie, c’est quelle est contente. Bien j’arrête mes blague d’alcoolo pour évoquer un autre fanal. Celui-ci personne le vois, hormis les gens de la mer, d’ailleurs c’est le but. Il s’agit des feux amont et aval du pont de Saint-Nazaire, balisant l’axe du chenal principal. Les grands navires sont prioritaires dans le chenal, pour un méthanier, tous les navires de moins de 20 mètres doivent quitter le chenal. Ces feux sont blancs et situés sur le tablier du pont, au milieu de celui-ci.

Feu Amont du chenal de Saint-Nazaire

Feu Amont du chenal de Saint-Nazaire

Le même avec un cargo remontant sur Nantes

Le même avec un cargo remontant sur Nantes

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont au nombre de deux, un pour le chenal Amont et l’autre pour l’Aval. Leurs positions, 47° 17′ 20″ N et 002° 10′ 20″ W, ils sont fixés sur le tablier du pont, au centre de celui-ci, à 55 mètres de hauteur. Ce sont des « Isophases », blancs de 4 secondes. Isophase veut dire que la durée d’allumage de la lampe, est égale, à la durée d’obscurité, dans ce cas c’est 4 secondes pour chacun. 4s allumé, 4s éteint, 4s  allumé, 4s éteint etc..

En direction de Nantes,

En remontant la Loire vers Nantes, nous rencontrons un autre fanal, celui de « l’Arceau » appelé aussi « Appontement de l’OTAN » qui fait l’objet d’un article précèdent sur ce site. C’est une tourelle  métallique blanche, le sommet est rouge et porte un feu rouge de type « Feu à éclat » isophase d’une durée de 4 secondes.

De nuit Allumé 4 s

De nuit Allumé 4 s

De nuit, éteint 4 s

De nuit, éteint 4 s

Fanal de l'Arceau de jour

Fanal de l’Arceau de jour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa hauteur est de 8 à 10 mètres et son optique porte à 9 miles nautiques. Sa position est 47° 18′ 40″ N et 002° 05′ 40″ W. Nous allons remonter la Loire en direction de Donges, la Raffinerie. Là, vous trouverez un article précédemment rédigé sur l’histoire de ce site. C’est le fanal de l’appontement pétrolier qui consiste en une tour métallique blanche, sommet rouge de 8 mètres de hauteur. De couleur rouge l’optique est rouge à 2 éclats toutes les 6 secondes.

De nuit, à vous de le trouver !

De nuit, à vous de le trouver !

Le même de jour

Le même de jour

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa portée optique est de 9 miles nautiques et sa position est 47° 18′ 30″ N et 002° 40′ 20″ W. Son feu rouge est à 2 éclats par période de 6 secondes.

Sur l’autre rive nous avons la ville de Paimbœuf, port très connu du temps des grands navires à voiles dont deux articles figurent sur ce site. Lui ressemble plus à un phare dans l’esprit des quidams, construit en pierre.

Paimboeuf (2)bis Paimboeuf (17)bis

 

Une tourelle blanche d’une hauteur de 9 mètres, coiffée d’une tête verte dans laquelle se trouve une optique blanche et verte. La portée optique est de 10 miles pour le blanc et 7 miles nautiques pour le vert. C’est un feu à 3 occultations toutes les 12 secondes. Ce serait le phare le plus éloigné des côtes, de France. A noté qu’il se situe sur le domaine maritime. Sa position dans le bourg de Paimbœuf, 47° 17′ 40″ N et 002° 02′ 00″ W.

Bien sûr la Loire maritime jusqu’à Nantes comporte de nombreuses bouées lumineuses balisant le chenal. Il y a d’ailleurs un phare sur la ville de Nantes, situé sur le quai des Antilles, lieu de promenade et de fête de nos jours mais, tristement célèbre dans l’histoire de notre pays.

Maintenant pour les passionnés de radio, ces quatre phares ou fanals comptent pour le D.P.L.F. ou l’ARLHS, bien connus des Radio-Amateurs et SWL Français et mondiaux. Ils répondent à au moins un des  critères de sélection, à savoir, soit une optique de portée supérieure à 8 miles nautiques, soit une hauteur de plus de 15 mètres, soit les deux.

Merci d’avoir pris le temps de lire ce petit article. 73 Qro.

Tour de Pénerf

Tour de Pénerf,

Une tourelle qui se situe sur le territoire de la commune de Damgan en Bretagne. Nous montons vers le nord en quittant la Loire-Atlantique et pénétrons dans le département du Morbihan. A la hauteur de la commune de Muzillac, nous prenons sur la gauche en direction de la Presqu’île de Rhuys. Nous traversons le village de Damgan en direction de celui de Pénerf. Cet endroit désertique, d’une multitude de récifs en tous genres est, un enfer lors des grandes marées d’équinoxes.

Chaque fois une horde de « Tamalous » en camping-cars ou véhicules légers se garent n’importe où. Si d’aventure cela vous arrive je vous conseille la marche à pieds, le vélo ou la moto comme votre serviteur.

Les lieux,

Notre tourelle se trouve dans la rade de Pénerf. Une seconde lui tient compagnie d’une autre de ses consœurs, beaucoup plus récente « La tour Pignon ». Celle-ci marque l’entrée de la rade éponyme. L’endroit est étroit et dangereux pour les navires se rendant vers Ambon.

Étroit chenal de Pénerf

Étroit chenal de Pénerf

La tourelle du "Pignon" à l'entrée de la rade

La tourelle du « Pignon » à l’entrée de la rade

 

 

 

 

 

 

 

 

Les origines,

Bien sûr, avant cette signalisation moderne, il y avait déjà la tourelle « de Pénerf » à quelques centaines de mètres de celle-ci. A l’époque elle se nomme tour à feu à, le souci actuel c’est sa datation, son origine. Au niveau des  écrits, c’est plus aléatoire, il faut remonter au Moyen Age. Peu de phares existent au sens propre du terme, l’on trouve des édifices militaires ou religieux servant d’amers. En 1290, sur la ville de Calais, un foyer se trouve sur la tour de guet, un autre similaire apparait en 1365 à Dunkerque. Un siècle plus tard sur la commune de La Rochelle, un foyer lumineux équipe la tour du Garrot et devient « La Tour de la Lanterne ». Côté atlantique à la même époque, une lanterne trône dans la collégiale de Guérande et sur la « Tour de Pénerf ».

Tour de Pénerf à marée basse coefficient 117

Tour de Pénerf à marée basse coefficient 117

Lieu de promenade dominicale très prisé

Lieu de promenade dominicale très prisé

 

 

 

 

 

 

 

 

Le but étant de signalé l’entrée de la rivière « La Vilaine » mais, cette information reste aléatoire mais plausible. A cette époque, sortant du Moyen Age, la flotte maritime et la navigation est en plein essor, l’estuaire de La Vilaine permet aux navires de remonter dans les terres jusqu’à la ville de Redon. Les cargaisons prennent de plus en plus de valeurs et l’on prend petit à petit conscience du nécessaire balisage de nos côtes.

La Tour vue du village éponyme

La Tour vue du village éponyme

La Tour sur le rivage

La Tour sur le rivage

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tour de Pénerf, dite des anglais,

Cette Tour trouve son origine sous le règne de François 1er. En revanche rien ne l’atteste en terme de document écrit ou graphique. A l’origine c’est une tour de guet qui protège l’entrée de la Vilaine et le port de Pénerf, très actif à l’origine. Concernant son rôle de « Fanal », le premier document est une carte, établie par le chevalier de Clerville, en 1664. Elle sert à repérer d’éventuels navires ennemis venant de la mer, principalement Anglais.

La tour côté océan

La tour côté océan

Le sous-bassement s'immerge à PM

Le sous-bassement s’immerge à PM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Construction,

Sa construction daterait du 16ème siècle, comme l’atteste la forme des consoles du parapet de type breton. Sa hauteur est de 15 mètres et son diamètre est de 3 mètres environ. Les matériaux employés sont principalement des moellons de schiste et de granite. Le maintient de l’ouvrage, en renfort par un soubassement rempli de sable et de galets. Une ceinture en granite renforce l’ensemble. Une vocation militaire très courte étant donné que Vauban (1633-1707) établi une ligne de défense sur les îles de Houat, Hoëdic et Belle-Ile et non sur le continent. Il partait du principe que, lorsque les navires ennemis arrivaient sur les côtes, il était déjà trop tard, il valait mieux les stopper en mer. La tour possède trois pièces superposées dont, deux équipées de cheminées.

Détail des mâchicoulis

Détail des mâchicoulis

L'échelle d'accès a été déposée

L’échelle d’accès a été déposée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tour ne fut pas inclus dans le plan d’éclairage du littoral français de 1825 et donc ne possédât pas de lanterne à son sommet. L’administration des phares et balise préféra construire un petit phare sur la commune de Billiers, quelques kilomètres à l’Est. C’est le phare de Penlan, construit en 1839 et toujours en activité, en revanche la Tour de Pénerf fut blanchie à la chaux et sert d’Amer remarquable depuis cette époque.

Inscription au patrimoine,

Cette tour de Pénerf est inscrite depuis le 22 ocotbre1997 au titre des monuments historiques. Depuis les années 1910/20 certaines personnes l’appelle « La Tour des Anglais », pourquoi ? Je n’en sais rien et personne ne semble le savoir…

Une chose est certaine, cette tour figure toujours sur les cartes marines officielles en 2016 sous le nom de « Tour des Anglais blanche », comme amer remarquable. De nombreux promeneurs viennent l’admirer au gré d’une promenade bucolique, digestive ou dominicale. Quelque soit sa motivation, le badaud se trouve face à une « Dame » qui en a vue des évènements, notamment au large, le naufrage de l’Hermione à l’Est du plateau du four, le 21 septembre 1793 après avoir appareillé à Mindin la veille, où les épisodes de la guerre des Cardinaux.

Merci d’avoir lu cet article et à bientôt. Cette tour bien sûr n’est pas référencée pour le DPLF, activé par les Radio-Amateurs ou les SWL.

Des renseignements complémentaires, ici.

 

Tintin, Haddock et Milou à Saint-Nazaire