Vieux Môle, Chariot et Motocyclette

Vieux Môle, Chariot et motocyclette, encore un titre tarabiscoté vous allez me dire. Nous sommes toujours à Saint-Nazaire commune célèbre de Loire Atlantique. Connue pour son passé et présent maritime, évoqué par Hergé au travers de certains albums.

Préambule,

Toute d’abord une petite explication vis-à-vis du titre étrange de cet article. Le Vieux Môle tous les habitants du coin connaissent ce phare érigé au 19ème siècle. Motocyclette, est le support utilisé afin d’activer ce phare. Les radio-amateurs effectuent toutes sortes d’activations radio en portable. Pour ma part, j’utilise soit, un vélo, un bateau, évidemment une voiture, du pédestre et pourquoi pas une moto. En fait c’est la mule. Puis le Phare du Vieux Môle que, des millions de téléspectateurs aperçoivent sans le savoir sur l’écran de leur boite à grimaces lors du lancement d’un paquebot. Une autre facette de ce lieu, historique et tristement célèbre lors d’un épisode dramatique de la seconde guerre mondiale. J’ai toujours un pincement au cœur lorsque j’active ce phare en radio, bien sûr une pensée pour nos Amis Anglais et leur sacrifice. Mais je ferai un petit aparté plus tard dans cet article.

La Grosse et le Vieux Môle

La « Grosse » et le Vieux Môle

Avec son drapeau "Sauvons nos phares"

Avec son drapeau « Sauvons nos phares »

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation,

Je ne reviendrai pas sur les modalités d’activer un phare en radio portable, il suffit de lire les articles précédents. Le portable c’est l’aventure, si vous oubliez une prise ou un raccord parfois, un câble, vous devez remballer ou bricoler comme un malade. Si je trafique à vélo, je pratique le QRP, avec 5 Watts de puissance afin de rester dans la philosophie de celui-ci. Avec la motocyclette je peux transporter du matériel plus conséquent. Donc une puissance radio conséquente. L’avantage du deux roues est, qu’il passe partout, même avec une masse de près de 400 Kilogrammes. Concernant la radio bien sûr, ce phare est répertorié pour le Diplôme des Phares du Littoral Français.

Côté Histoire,

L’ histoire c’était pas formidable en 1942. Toute l’Europe était occupée, hormis l’Angleterre qui se débattait pour ne pas l’être. Finalement le moral était très bas. La base sous-marine existe depuis 1941 (trois alvéoles sont construites sur quatorze) et ses U-Boote contrôlent les mers du globe. Ils coulent jusqu’à mille navires pour l’année 1940 et mille trois cent l’année 1941. Ajouter à cela les super cuirassés comme le Bismark, et son frère jumeau Le « Tirpitz ».

Les deux brothers,

Le Bismark sera coulé fin mai 1941, mais, le Tirpitz continue de roder. Sans oublier bien sûr, le Sharnhorst, le Gneisenau, Prinz Eugen et sa troupe. Le seul port sur la façade atlantique qui puisse accueillir ces navires, c’est celui de Saint-Nazaire. Dans la fameuse écluse « Joubert » construite en 1930 afin d’accueillir le futur paquebot « Normandie ». Elle peut accepter des navires de plus de trois cent mètres de longueur. Elle même fait, trois cent cinquante mètres de longueur, plus de cinquante mètres de largeur, quinze mètres de profondeur. Des navires de plus de 85.000 tonnes peuvent y séjourner.

Les anglais et leurs alliés, enfin ce qu’il en reste, décident de réaliser des actions coups de poings afin d’ébranler le régime nazi. Une sorte de caillou dans la chaussure. Ils pensent à des affrontements maritimes mais, ils risquent de perdre des navires, comme le « Hood » de 42.000 tonnes coulé par le Bismark auparavant. D’après l’amirauté, il est quasiment impossible d’aller attaquer Saint-Nazaire, compte-tenu de son rideau de défense.

Pourtant,

Pourtant dans la nuit du 27 au 28 Mars 1942, un curieux convoi franchit la passe des Charpentiers. Il se compose de 19 navires. Un vieux destroyer anglais maquillé en navire de guerre nazi. Son nom le « Campbeltown », accompagné de 16 vedettes rapides, une canonnière et une embarcation lance torpilles. Dans ces navires des troupes, environ 611 hommes, marins et commandos tous volontaires pour cette mission, suicide.

L'écluse en 2016

L’écluse en 2016

Le Campbeltown et la forme Joubert

Le Campbeltown et la forme Joubert

 

 

 

 

 

 

 

Après 700 kilomètres de navigation en mer, ils sont attaqués par les défenses du port, à 1h00 du matin, en dépassant le phare de Ville-ès Martin. Trente quatre minutes plus tard, le vieux destroyer filant à 20 nœuds s’encastre dans la porte de l’écluse. Cette porte, mesure 52 mètres de longueur et 11 mètres d’épaisseur. Son poids est de 1300 tonnes. Pendant ce temps les commandos ont débarqué sur la cale du phare du Vieux Môle où les attendent des armes de fort calibre.

Impacts des projectiles visibles en 2016

Impacts des projectiles visibles en 2016

Cale où les commandos débarquèrent

Cale où les commandos débarquèrent

 

 

 

 

 

 

 

Le bilan,

Après une véritable boucherie, de part et d’autres, le Campbeltown explosera vers 10h00 du matin, suivi de charges à retardement dans l’après-midi. La forme Joubert sera inutilisable jusqu’à la fin et après la guerre. Des dizaines d’allemands tués, sans compter les curieux ou pilleurs d’objets en tous genres. Seize Nazairiens succomberont et parmi les commandos ce sera l’hécatombe. 169 d’entre-eux périront, il sera fait deux cent prisonniers et seulement 277 regagneront le large dans des vedettes criblées de projectiles de tous calibres. Les alliés reprennent espoir après ce sacrifice de nos Amis Britanniques ayant ébranlé l’ hégémonie germaine. Ce raid s’appelait « Opération Chariot ».

Cicatrices encore visibles en 2016

Cicatrices encore visibles en 2016

Cale d'accès au Vieux Môle

Cale d’accès au Vieux Môle

 

 

 

 

 

 

 

 

Parlons Radio en 2016,

Finalement, je bavarde et n’ai point parlé Radio. Comme je le précisais plus en amont de cet article, j’ai ce coup-ci utilisé la motocyclette. Un peu ringard comme appellation mais, c’est comme cela.

La station radio est opérationnelle

La station radio est opérationnelle

L'antenne MP1 devant le Vieux Môle

L’antenne MP1 devant le Vieux Môle

 

 

 

 

 

 

 

 

Côté matériel donc, c’est celui que j’utilise lors de mes expéditions de phares en tous genres. Une batterie de voiture lambda, de 70 Ah et l’éternel Booster MFJ afin de conserver une tension correcte. Le FT857 de chez yaesu, qui tient le coup, après les embruns de l’océan, les vibrations de la grosse américaine. C’est tout dire.

Le petit changement vient de l’antenne. Je n’ai pas amené de mâtereau et de dipôles construction maison. Là j’emploie une petite antenne appelée « Super Antenna » référence MP1. Les signaux arrivent 56/57 chez mes correspondants, c’est largement suffisant pour des contacts. Sur le couloir vers l’Est, j’ai des reports à 59/59+. J’utilise cette antenne en portable pédestre avec le FT817 et en portable bicyclette. Toujours en QRP.

Trafic radio en plein air

Trafic radio en plein air

Pas facile sous la pluie

Pas facile sous la pluie

 

 

 

 

 

 

 

Ma puissance d’émission est d’environ 70 watts, compte-rendu du réglage de l’antenne. Cette journée d’activation sera quelques peu écourtée car le WX n’est pas au mieux. Il pleut depuis le matin, le vent est de 60 km/h au moins, selon les prévisions.

J’active principalement la bande des 40 mètres pendant environ deux heures trente. Je vais effectuer environ soixante QSO, ce qui est largement suffisant pour moi. Les passants comme d’habitude me jettent des regards interrogateurs et surpris.

Le Wx étant maussade cela est difficile de faire la radio. D’une main je tiens le microphone, ainsi que le parapluie. Oui ! Je sais, un Biker avec un pébroque ça le fait pas, mais c’est comme cela. De l’autre main je note les contacts sur le carnet de trafic et retiens les pages de celui-ci face au vent.

Vue générale de la station radio

Vue générale de la station radio

Carnet de trafic et fiche du Phare

Carnet de trafic et fiche du Phare

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai beau essayer de me cacher des intempéries, s’y ajoute la marée montante, de faible coefficient mais, sous un vent dominant d’Ouest. Les embruns commencent à passer par-dessus le parapet et commencent à asperger la moto. Je décide de cesser mes émissions et replier le matériel.

Vieux Môle, Chariot et Motocyclette,

Voila, je reconnais que le passage historique peu paraître un peu long. Comme je le précisais en introduction, j’ai toujours une pensée pour les personnes qui ont péri à cet endroit. Soixante dix années après je pratique mon hobby au même endroit.

Donc cet article concernait l’activation du vieux môle en ce mois de novembre 2016, avec une motocyclette afin de changer les habitudes. Ensuite un petit clin d’œil modeste à notre histoire locale avec des répercussions mondiales dans le cas présent. Finalement associer radio, histoire et plaisir de la moto c’est génial.

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Pour revenir à la première activation radio en 2014, vous pouvez cliquer ici.

Carte de validation pour le DPLF

Carte de validation pour le DPLF

Tintin, Haddock et Milou à Saint-Nazaire

Activation radio du phare de Penfret

Activation radio du phare de Penfret. Situé sur les Îles Glénan, dans le sud Finistère. Département 29.Je ne reviendrai pas sur l’histoire de ce petit phare évoqué dans un article précèdent. Néanmoins, en cliquant sur ce lien « Phare de Penfret » vous pourrez le parcourir si le besoin s’en fait sentir.

Préparation de l’expédition,

Bien sûr nous ne partons pas, à l’autre bout du monde, mais tout se prépare. Il faut savoir que faire des expéditions en mer, seul, tolère très peu d’erreurs. Les îles Glénan pour mémoire, sont sous l’administration de la commune de Fouesnant. Plusieurs routes s’offrent à vous pour rallier le phare de Penfret, par voie maritime. La plus courte est, celle de la Pointe de Trévignon, elle de 6 miles nautiques. Pour les autres la distance varie. De Concarneau, elle est de 9,5 miles, et sera de 8,5 miles de la pointe de Beg Meil etc…

Ma route,

Pour ma part, j’ai choisi un autre tracé, en partant de la cale de mise à l’eau de « Porz an Halen » située sur la commune de Trégunc. C’est une petite anse tranquille, hors déambulation touristique, hormis quelques locaux ou « Tamalous » de passage parcourant le chemin côtier… Je vais avoir 8,5 miles nautiques à parcourir. Une mise à l’eau vous coûtera 5 euros (prix fin septembre 2016). Il suffit de se rendre à l’office du tourisme de Trégunc et l’on vous délivrera un reçu après acquittement de la somme. Ensuite, après la mise à l’eau de votre navire, il suffit, d’apposer votre document sur le tableau de bord, de façon bien apparente. Finalement c’est très simple. Il y a de la place pour garer le véhicule et la remorque sans gêner les habitués des lieux. N’oubliez jamais que, vous n’êtes pas seul.

Cale de Porz an Halen

Cale de Porz an Halen

Panneau de réglementation de la cale

Panneau de réglementation de la cale

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin de vous rendre à cette petite cale, rien de plus simple. Du centre ville de Trégunc prendre la route de Lambell en direction du hameau de Pendruc. A l’entrée de celui-ci, au carrefour de la maison de la mer, prendre le chemin sur votre droite. Vous êtes arrivés.

Jusque là, tout va bien,

C’est parti pour un trip de près de 9 miles nautiques. En sortant de l’anse, je dois laisser la cardinale de « La Roche Tudy » sur bâbord. Ensuite c’est la pleine mer. Grosso modo en tenant compte des courants et du vent, je vais filer au 190°. Mais, Je ne suis pas seul, j’ai emmené mon pote « Murphy », une fois de plus il s’est invité, le bougre.

Passage avec le phare de Pouldohan

Passage avec le phare de Pouldohan

Bien respecter le chenal, roche affleurante

Bien respecter le chenal, roche affleurante

 

 

 

 

 

 

 

 

Je commence à sortir, j’avance avec le starter afin de chauffer le moteur hors-bord. Commence à traverser doucement l’anse de Pouldohan en tenant compte des nombreux écueils affleurants. Bien entendu, je dois tenir compte de la marée pour sortir car, suivant le coefficient de marée, l’anse est complètement à sec à basse mer. Le souci arrive lorsque j’enlève le fameux starter, automatiquement le moteur cale et le bateau est livré au courant et vent dominant. Après maintes essais cela continue, après ouverture du capot moteur et vérifications d’usages il faudra attendre une bonne demi-heure afin que tout rentre dans l’ordre. Ensuite la mer, un peu plus grosse que prévue, des creux d’un mètre vont ballotter le frêle esquif. J’ai ouvert le capot, mais cela sert à rien car je suis béotien du domaine.

Route vers Penfret,

Toutes ces péripéties vont bien entendu décaler mes projets et raccourcir le temps d’activation du phare de Penfret.

Arrivée sur la plage de sable blanc

Arrivée sur la plage de sable blanc

Le phare de Penfret domine l'île

Le phare de Penfret domine l’île

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre facteur à prendre en compte lorsque vous abordez une île, la marée. Il faut savoir si la marée est montante ou descendante, surtout lorsque vous êtes seul. Il faut maintenir le bateau et décharger le matériel. Si la mer monte, pas de souci, le bateau monte avec elle et vous pourrez le remettre à flot sans problème. Si la marée descend, le navire va ou risque de s’échouer, même un semi-rigide pèse lourd et vous risquez d’attendre la marée d’après afin de le sortir…

Une fois le déchargement rapide du matériel effectué, il suffit de remettre le bateau au large, cela implique de se mouiller jusqu’à la poitrine. Celui-ci restera stable et ne reviendra pas vers le rivage.

L’activation radio,

C’est partie pour l’installation du matériel, le plus rapidement possible. Compte-tenu des impondérables, j’ai deux heures de retard et l’activation en elle-même ne durera que 1 heure trente.

Bateau parqué au large

Bateau parqué au large

Vue de la station radio

Vue de la station radio

 

 

 

 

 

 

 

 

Le matériel tient dans deux valises en plastique achetées chez un gros soldeur de matériaux. Elles ne sont pas étanches mais, protégées malgré tout des embruns éventuels. Une fois le matériel installé, je vais faire quelques clichés des environs. Pourquoi je fais cela ? et tout de suite ? Très simple, Une fois les communications radio démarrées, en général je fais des QSO jusqu’à la dernière minute. De ce fait, trop tard pour prendre des photographies. En général je ré-embarque dans l’urgence. De cette manière lorsque je commence mes contacts, je suis tranquille, mes clichés sont pris. Le règlement du DPLF et du WLOTA sont très peu contraignants. En revanche, vous devez au moins prendre un cliché lors de votre activation, être à moins de 150 mètres du phare et envoyer votre premier et dernier QSO.

Les valises, la batterie, FT857 et le guignol

Les valises, la batterie, FT857 et le guignol

Vue d'ensemble de l'activation

Vue d’ensemble de l’activation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le cas présent d’îlot en pleine mer, la règle des 150 mètres n’est pas utile. Le reste du matériel habituel, un FT857 de chez Yaesu, la batterie de 110 Ah marine décharge lente, que je traîne partout. Au fil des années, elle devient de plus en plus lourde. L’éternel booster MFJ, afin de conserver une tension correcte de 13,8 volts.

Les antennes,

Côté antennes, mes éternels dipôles home made mono-bandes. Un pour le 40 m et un autre pour le 20 m, fabriqués en fil souple de 2,5 mm², un fil d’électricien quoi ! A l’avenir d’ailleurs je vais rajouter un balun 1/1 afin de parfaire les deux lobes de rayonnement.

Vue générale du phare de Penfret

Vue générale du phare de Penfret

Le phare est construit sur un fort

Le phare est construit sur un fort

 

 

 

 

 

 

 

 

Compte-tenu du temps imparti, j’effectue malgré tout une soixantaine de contacts en une heure trente. Je n’active que le phare, Pourquoi ? Mais c’est très simple, j’aurai eu besoin d’un minimum de 100 qso, pour le fort, cherchez l’erreur ! Les phares en mer, c’est comme le SOTA, ce sont des expéditions aléatoires et à risques.

Le retour,

Le retour se passe bien, toujours les creux d’environ un mètre. C’est comme dans un manège, il faut se détendre et se laisser aller au gré des flots. En revanche les courants et vent poussent fort. Le bateau passe parfois de 8 nœuds à 16 d’un seul coup, je me prends presque pour un surfeur d’occasion.

Arrivé dans l’anse de Pouldohan, c’est déjà pas mal descendu, il ne reste plus que 40 centimètres de hauteur d’eau à certains endroits. Un quillard d’ailleurs est échoué sur le banc de sable. Il n’a pas voulu suivre le chenal et a tenté de couper en travers. Pas de pardon en mer. Murphy est toujours avec moi, le télécommande de mon moteur électrique est hors service. Je ne comprend pas, c’est pourtant un produit acheté chez les vermicelles, port gratuit sur internet… De la qualité quoi. J’en profite pour casser la manivelle du treuil, heureusement, je trouve de l’aide local d’autres marins.

Validation,

Il ne reste plus qu’a faire valider mon expédition. Le phare de Penfret porte deux références, une WLOTA et une DPLF. Il compte pour les deux diplômes. Afin que cette validation soit acceptée, je dois envoyer une preuve photographique, mon premier et dernier qso. Tout est basé sur la confiance réciproque des activateurs et du comité de validation. Finalement c’est normal, en mer on ne triche pas…

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Merci d’avoir pris le temps de lire cet article, à bientôt sur l’air. 73.Grands merci aussi aux nombreux SWL qui me suivent depuis des années. Notamment l’ami Patrice F11579 depuis son joli village de Rogny-les-7 écluses dans l’Yonne.

Tintin, Haddock et Milou à Saint-Nazaire

Activation Old Pier Lighthouse

<Old Pier Lighthouse>

 44600 Saint-Nazaire  South Brittany

10 Novembre 2016 F5OHH/P

Vue de la station

Vue de la station

Antenne, moto, phare

Antenne, moto, phare

 

 

 

 

 

 

 

PB 0181 pour le DPLF*,

Locator: IN87VG

 

Le matin entre 7,080 et 7,110 Mhz, (Sous réserve 14,255/290 Mhz)

**Suivant la météo, l’activation peut-être annulée

*Diplôme des Phares du Littoral Français

** L’activation se fera à l’extérieur, à moto (arrêtée) antenne MP1 (super antenna) un   Yaesu FT857, une batterie sur le porte bagage.

Au plaisir de vous contacter 73 Chris F5OHH

Échec aux Grands Cardinaux

Échec aux Grands Cardinaux, je parle bien du phare situé au large de l’île d’ Hoëdic, de l’estuaire de la Vilaine et du Croisic. Quelle drôle d’histoire, parler d’un raté, à notre époque. Bien entendu cela ne concerne qu’un loisir mais, qui n’a pas rouspété lors du ratage de son activité. Essayez aussi, en France, de trouver un ouvrage ou une revue, (hormis Philosophie magazine) qui parle de l’échec… Ils sont rares. L’un d’entre-eux vient de sortir (fin 2016) de Charles Pépin, philosophe et professeur. Le titre, « Les vertus de l’échec ».

Chez les Anglo-saxons, l’échec est pris comme une nouvelle épreuve et un moyen de rebondir, d’évoluer.

Aller, la journée démarre.

Je ne vous reparle pas de l’histoire de ce phare et notamment la bataille des Cardinaux que, je vous ai narré auparavant. En revanche pour relire cet écrit, il suffit de cliquer ici. Bonne lecture.

L’objectif du jour, l’activation du phare des Grands Cardinaux, phare difficile, classé dans les enfers par l’administration des phares et balises de l’époque. Ce phare des Grands Cardinaux est situé donc au Sud-Est, ± 120° de l’île d’Hoëdic, à environ 1,5 miles nautique de celle-ci. Pour les radio-Amateurs et les SWL, c’est dans le locator IN87NH, qui fait partie des rares locators très recherché par les chasseurs.

Secteur des Grands Cardinaux

Secteur des Grands Cardinaux

Vue du phare et des roches

Vue du phare et des roches

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon point de départ c’est le port du Croisic situé au 95° environ du phare. Cela fait deux mois environ que j’attends de sortir. Soit la mer n’est pas très praticable, ou les horaires de marées ne correspondent pas, soit je suis pris. Finalement, début juin je prends la mer.

Mise à l’eau,

Officiellement je pars simplement explorer le site des roches des Cardinaux, mais étant prévoyant, pourquoi ne pas emmener une station radio portable décamétrique, au cas où !

Arrivée sur le port du Croisic pour la mise à l’eau du bateau, il est 8h00 du matin, température 6°, vent d’Est et marée de coefficient 80. Un peu élevé pour aborder un phare en mer, avec les moyens mis en œuvrent.

Mise à l'eau du pneumatique

Mise à l’eau du pneumatique

Tourelle Basse Hergo et phare du Tréhic

Tourelle Basse Hergo et phare du Tréhic

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour commencer arrivé sur place, de l’agitation, la cale est encombrée… Un véhicule est garé en travers de la cale, la remorque dans un sens et le gros 4×4 urbain dans l’autre. Bien sûr, immatriculé dans la capitale. J’entends un « Plouc, plouc, plouc » mais, ce n’est rien, simplement le pot d’échappement de la voiture qui est à demi bouché par les vaguelettes de l’océan. Pas besoin de descendre le bateau avec le treuil car, tout est immergé…Finalement, je vais le trouver et lui demander s’il a acheté la cale…

Enfin l’océan,

Enfin, je descends le navire et prends le chenal du Tréhic, je double le phare et file la balise Basse Hergo afin de prendre la mer. La route est longue, 14 miles nautiques pour accèder au Grands Cardinaux. Je mets le cap au 272°. Peu ou pas de vagues, après 5 miles de route je laisse à bâbord, le phare du plateau du four et la cardinale nord, « Bonen du Four ».

Il me reste à peine 8 miles, je file à 20 nœuds car la mer s’est aplatie complètement, même pas de clapot.

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J’arrive en vue du Phare des grands Cardinaux, il y a du mouvement au loin, la mer est haute. Je vais approcher le socle du phare, le plus dangereux sont les roches à fleur d’eau.

Côté Ouest inaccessible

Côté Ouest inaccessible

Côté Nord pas la peine, non plus

Côté Nord pas la peine, non plus

 

 

 

 

 

 

 

 

J’approche doucement la base du rocher, je comprends les inquiétudes des marins. Un petit raclement me signale une tête de roche invisible à première vue. j’attaque la face Sud-Est, là où les anciens ont accédé au rocher pour la construction du phare. Une petite plate-forme est immergée, un escalier à son sommet. Sur la droite une solide échelle de fer, brisée à la base, avec les extrémités acérées.

L'escalier et plate-forme par basse mer

L’escalier et plate-forme par basse mer

L'escalier de fer sur la droite

L’escalier de fer sur la droite

 

 

 

 

 

 

 

 

Face à face,

Vous pouvez apercevoir les roches sous l’eau transparente. Sur la photographie de droite un de mes « Bout » laissé en place et l’escalier de fer.

J’ai étudié la carte des courants marins du SHOM. Ceux-ci changent de sens à la bascule de marée, ils restent neutres pendant l’étal.

Je tente d’aborder par l’échelle de fer mais, l’on se croirait dans un siphon de toilettes. Entre la montée et la descente de la mer, il y a environ un mètre d’écart. Le bateau monte et descend au gré des flots. Ce qui devait arriver, arriva, je suis à l’aplomb de l’échelle. Le bateau remonte brusquement et le boudin bâbord est écrasé sous les extrémités de celle-ci. Je monte sur le boudin, pèse de tout mon poids pour tenter de la dégager. Malgré ma masse de 90 Kilogrammes, je danse dessus, impossible, j’imagine déjà le boudin percé hihihi. Finalement il tient le coup, les pare-battages souffrent et tiennent aussi le choc. Dès le creux de vague je parviens à placer un coup d’accélérateur et dégage le bateau.

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Prenons l’escalier,

Finalement, je décide d’attaquer par l’escalier, logique, non…Jusqu’à un mètre de la plate-forme pas de souci, le bateau est stable. Plus près, impossible, le bateau est projeté sur la roche. Heureusement j’ai bardé de pare-battages, pas moins de six grosses tailles.

Dans un moment de plus calme, j’arrime l’arrière du bateau avec un filin. Je saute sur la plate-forme du phare et vais accrocher le mousqueton sur l’anneau du phare. Il me reste à sortir le matériel et hisser notamment la batterie de 105 Ah sur la plate-forme.

Malheureusement Murphy est avec moi, ce jour-là. Pendant que j’inspecte le rocher pour m’installer, le bateau est ballotté par les vagues. Soudain le  nœud qui maintient le pneumatique glisse et le voila libre soudainement. Finalement, sans réfléchir je dévale la pente et me jette à l’eau pour rattraper le bateau qui commence à s’éloigner. Il était temps, je redémarre et vais m’ancrer un peu plus loin, le temps de récupérer. Finalement après plusieurs tentatives infructueuses et plus de deux heures trente, je jette l’éponge. Je suis vanné, mon bout va rester accroché sur le rocher, sûr que quelqu’un va en profiter.

Changement de stratégie,

Je décide de plier bagages et de rentrer en passant par le plateau du Four et éventuellement activer le phare.

Le phare du Four et sa jetée

Le phare du Four et sa jetée

Marée basse sur le Four

Marée basse sur le Four

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mer est quasiment basse lorsque j’arrive à destination. Il ne reste que trente centimètres d’eau. Je longe la jetée du Four et amarre le bateau. Je décide, avant de déplier le matériel radio, de prendre quelques photographies.Je descends sur les rochers afin d’explorer une nouvelle fois le coin. Soudain, je glisse l’appareil photo à la main et en service. Comme Murphy est toujours présent, le trou fait 1,80 mètres de profondeur, je m’accroche tant bien que mal. Mais, c’est trop tard, l’appareil numérique est hors service. Toutes les photos de la journée, notamment celles des Grands Cardinaux sont perdues.

Naviguant seul en mer, je prends toutes les précautions possibles et réalisables afin de me protéger et de ne pas déranger d’éventuels sauveteurs. Je porte systématiquement un gilet gonflable de survie automatique. Le principe est simple, il se gonfle au contact de l’eau, lors de chute ou de stagnation dans cet élément liquide. Finalement lors de ma chute, je me suis retrouvé une nouvelle fois avec mon gilet percuté et donc gonflé…

Finalement,

Découragé, grelottant, je décide de laisser le matériel radio dans le bateau. Je m’allonge sur la jetée au soleil afin de faire sécher mes vêtements. J’en profite pour sortir la carte SD de l’appareil et la faire sécher au soleil. Je ne rêve pas, l’eau de mer c’est mortel.

Finalement, je reste au soleil pendant quelques heures car le bateau est à sec, donc impossible de repartir.

Échelle d'accès au phare

Échelle d’accès au phare

La jetée à marée basse

La jetée à marée basse

 

 

 

 

 

 

 

 

En fin d’après-midi la marée remonte et je vais pouvoir reprendre ma route. Le retour se passera bien, malgré tout, mes vêtements ont séché. Arrivé au Croisic, remontée du bateau et du matériel qui n’aura servit à rien. Retour par la route, c’est partie pour 55 kilomètres.

Pour terminer,

C’est une journée riche en rebondissements. C’est toute la difficulté d’activer des phares en pleine mer. Il faut penser à tout et accepter parfois des petits déboires. Bilan de la journée, un boudin de pneumatique abîmé, un appareil photographique fichu. Le prochain d’ailleurs sera un appareil étanche. J’allais oublier aussi une mauvaise réception, suite à glissade, une douleur persiste toujours à ce jour…

J’ai beaucoup appris de cette journée. En général, l’on apprend beaucoup de ses échecs, même si cela met les nerfs en pelote sur le moment. Je me suis replongé dans les livres et vais retenter prochainement cette activation du phare des Grands Cardinaux. Ce jour-là, j’espère que Murphy ira voir quelqu’un d’autre.

Mais il y a aussi du positif dans toute situation donnée. En rentrant de mon expédition, j’ai passé des heures à chercher ma carte SD, sûrement Hors service. Impossible de la retrouver, même après plusieurs jours de recherche.Elle était perdue à jamais.

Donc j’ai laissé tomber et passé à autre chose, notamment l’activation du phare de Penfret sur les îles Glénan. Là encore, une autre expérience acquise.

Bien après,

Quelques mois plus tard, en fouillant un de mes vieux blousons, surprise, je tombe nez à nez avec ma carte SD perdue, à jamais… Un peu de vert de gris sur les contacts. Avant de la jeter, je décide malgré tout de la connecter au micro-ordinateur. Finalement, miracle, les photographies s’affichent, ce sont celles qui figurent d’ailleurs sur ce reportage.

Merci d’avoir pris le temps de parcourir cet article. A bientôt.

A bientôt, Phare des Grands Cardinaux !

A bientôt, Phare des Grands Cardinaux !

Le phare de Penfret

Le phare de Penfret, C’est partie pour une petite évasion dans les îles Glénan. Célèbres îlots situés dans le Finistère Sud. Des eaux limpides, des plages de sable blanc, des hordes d’engins flottants en tous genres, à l’assaut de leur carré de pique-nique, farniente et activités diverses. Tout le monde veut son coin de paradis. Sans parler de saison estivale, les week-ends, les îles sont prises d’assauts. Les eaux canard WC, c’est pas mon truc, je préfères les eaux saumâtres du Mississippi, de la Loire ou la Baie de Hong-Kong. J’aime le mystère.

Fin Septembre à Penfret

Fin Septembre à Penfret

Ile de Penfret

Île de Penfret

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais revenons à notre phare de Penfret. Situé sur l’île du même nom, d’une superficie d’environ 4 km², je ne reviendrai pas sur l’histoire des îles Glénan, il suffit de lire mon article précèdent (pour cela cliquez ici). Cette île abrite donc, un fort militaire, et une tour sémaphore mais, nous reviendrons plus loin sur ce sujet.

La genèse,

Tout commence à la fin du 18ème siècle. Compte-tenu du nombre élevé de naufrages sur les côtes Françaises et, notamment bretonnes, de nombreuses plaintes arrivent au ministère de la marine, à Paris. Ceux-ci sont dûs aux nombreux écueils non balisés, non répertoriés ainsi que, les accès aux ports de commerce. Finalement cela provoque de forts ralentissements d’exportations, et d’importations de biens par voie maritime. Mais nous ne sommes pas dans la même optique que le balisage de la Loire et de la Garonne qui eux pratiquaient le commerce triangulaire. L’argent coulait à flots.

Un homme de combat,

Peu avant la Révolution Française des hommes se battent pour obtenir l’éclairage de leurs côtes. En Bretagne, Landois de Cleumeur, un commerçant sardinier de Concarneau, crée un projet. Celui-ci consiste en la construction de cinq feux entre Ouessant et les Glénan. Le premier feu serait installé sur l’île d’Ouessant, ensuite un double feu sur la Pointe du Raz, un autre sur la Pointe de Penmarc’h et un dernier sur l’île de Penfret.

Vue de Penfret du Bateau

Vue de Penfret du Bateau

Vue sur l'école des Glénans et le phare

Vue sur l’école des Glénans et le phare

 

 

 

 

 

 

 

Landois de Cleumeur va passer une partie de son existence de 1767 à 1793 à porter son projet. Mais cela coûte beaucoup d’argent et les caisses de l’état sont vides à la veille de la Révolution. Il fera plusieurs voyages afin de rencontrer le Duc de Choisel, ministre de la guerre de l’époque. Il rencontrera son successeur le Duc de Praslin. Tous semblent intéressés, mais cela n’ira pas plus loin. Landois avait même prévu une partie du financement consistant en un « Droit de Feu ». Il prévoyait le prélèvement de cinq sous par tonneau pour les navires français et dix sous pour les navires étrangers. Il décédera sans voir son projet aboutir. Les marins continuerons le chemin de traîne-misère et gueux, corvéables à merci et disparaissant par wagons dans le géant liquide.

Finalement, entre temps les troupes anglaises débarquent en 1795, sur Les Glénan, envahissent les îles, dont Penfret. L’amiral Pitt et ses hommes construisent une maison et cultivent les champs. Le sommet de l’île est transformé en vigie, ce sera le futur emplacement du Phare de Penfret.

1835 année charnière,

Le premier projet est refusé car sous-évalué. Construire un phare en mer loin des côtes cela coûte très cher. Autre petit souci, les militaires veulent construire un fortin afin de compenser l’inutilité du Fort Cigogne. Le phare va gêner les tirs de canons.

Le phare, le fort et maison des gardiens

Le phare, le fort et maison des gardiens

Vue des fossés

Vue des fossés

 

 

 

 

 

 

 

 

Finalement le fort est construit entre 1841 et 1847 et le phare sera implanté sur le fortin. Celui-ci est équipé de huit canons et deux mortiers. A noté que le terrain sera mis à disposition gratuitement par le Sieur Kernafflen de Kergoz.

Une carrière de granit est ouverte sur l’île afin de construire les bâtiments. Le fort pourra loger cinquante hommes de troupes. Seront construits, des latrines, une boulangerie, un four et une cuve pour recueillir les eaux pluviales.

Plaque apposée sur la grille d'entrée du phare

Plaque apposée sur la grille d’entrée du phare

Sortie de fuite du fort

Sortie de fuite du fort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fort lui, sera mis à la retraite et désarmé en 1873. En 1911 une tour sémaphore de 26 m de hauteur sera édifiée. Son rôle, servir d’Amer pour les navires et enfin un speed-mètre sera installé pour les cuirassés de la marine nationale. Le fort sera de nouveau occupé pendant la première guerre mondiale.

Le phare de Penfret

Le phare de Penfret

Le sémaphore et le phare

Le sémaphore et le phare

 

 

 

 

 

 

 

 

Autres occupants,

L’île abrite aussi depuis 1952, l’école de voile des Glénans crée en 1947 sur l’île de Loc’h. Des centaines de milliers de stagiaires perfectionnent ou découvrent les sports nautiques en tous genres depuis sa création. Aussi l’île est occupée une partie de l’année.

A noter aussi que le phare de Penfret est sous la protection et la restauration d’une association de bénévoles très active. Cette association présidée entre autre par le célèbre navigateur Jean Le Cam. Elle s’appelle « Plein phare sur Penfret », vous pouvez cliquer sur ce lien pour y accéder. Lien sur l’association. Ils organisent des chantiers afin de restaurer ce monument maritime, dès que la mer le permet et aussi les fonds récoltés.

Revenons à notre phare,

Je ne vous ai pas donné sa position. 47° 43′ 32″ Nord et 003° 57′ 09″ West. Son locator pour les radio-amateurs est IN87AR, précieux pour les chasseurs car très peu activé.

Construit de 1836 à 1838, l’allumage de son optique fut activé le 1er octobre 1838. Il a une hauteur de 24,20 m et se situe à 38 m au-dessus de la mer. Bien sûr pour l’optique, elle est de couleur blanche en 1838, comme tous les phares de l’époque. Sa focale est de 0,50 m et fonctionne à l’huile végétale.

Il passera à la couleur en 1899, elle sera et est restée rouge. Sa portée actuelle est de 21 miles pour une lampe halogène de 150 Watts. Les logements des gardiens sont situés à 200 m du Phare de Penfret à partir de 1880.

Ancien bâtiment des gardiens

Ancien bâtiment des gardiens

Vue sur la baie côté Sud-Ouest

Vue sur la baie côté Sud-Ouest

 

 

 

 

 

 

 

Aussi ce phare de Penfret va connaitre la série de combustibles d’éclairage comme l’huile végétale en 1838, en 1903 la vapeur de pétrole, le gaz en 1937 et enfin l’électricité en 1951 par des aérogénérateurs. Finalement il sera aussi alimenté par panneaux photovoltaïques.

La Baie vue du phare de Penfret

La Baie vue du phare de Penfret

Une des gardiennes

Une des gardiennes

 

 

 

 

 

 

 

The end, pour le phare de Penfret,

Tout à une fin, la valse des fermetures de phare bat son plein et le Phare de Penfret n’y échappera pas. Le 30 avril 1993 les trois derniers gardiens de phare quittent les lieux car il est passé en automatique… C’était messieurs Serge Coatmeur, Guy Cajan et Jean-Claude Amaudru.

Merci d’avoir pris le temps de parcourir cet article, dans un prochain, je vous parlerai de son activation radio effectuée à l’automne.

Finalement, L’article sur l’activation radio du Phare de Penfret est arrivé, merci de cliquer ici.

Tintin, Haddock et Milou à Saint-Nazaire

Penfret, Moutons et Glénan

Penfret, Moutons et Glénan sont trois noms propres qui sentent bon la Bretagne, plus précisément le sud Finistère. Le phare de Penfret, le phare des Moutons et bien sûr les Îles Glénan.

Un peu d’histoire,

Notre histoire moderne est  romancée, arrangée ou trichotée, pour les desseins de nos politiques ou businessmans. L’histoire ancienne avec ses légendes arrangées, ses transmissions orales, par chansons de geste ou dans l’estaminet du coin, c’est guère mieux. Quoi qu’il en soit, concernant les Glénan, elles auraient été occupées dès la période néolithique (l’âge de pierre nouveau), période charnière entre l’âge de la cueillette, de la chasse et le début de l’agriculture. A cette époque, il semblerait que les îles Glénan étaient reliées au continent.

Les îles furent occupées tout ou partie dès l’an 399, reçues en cadeau par le roi Gadlon, roi de Cornouailles. Ils l’occupèrent jusqu’à la Révolution française ou toutes les propriétés ont été confisquées. En 1791, elles furent vendues comme bien national à Alain de Kernaflen de Kergos qui en devint le nouveau propriétaire. Celui-ci tentera pendant 40 années d’y développer l’élevage de bovins, porcs et chevaux. Il tenta aussi l’agriculture, blé, orge et seigle y poussèrent. Des fermiers s’installeront sur l’île Saint-Nicolas, puis dès 1819 sur celles de Penfret, Drenec et Quignénec. Les îles resteront propriété de la même famille jusqu’en 1894. Le facteur déclencheur le vente de l’île Drenec, suivie en 1910 de la vente de toutes les autres îles.

Présentation,

Mais avant de parler de phares, il faut planter le décor. Nous sommes donc au large des villes de Concarneau, ou Trégunc ou Fouesnant, ou enfin Trévignon, comme vous voulez. Simplement les Îles Glénan dépendent de la commune de Fouesnant du point de vue administratif. Petite précision afin de fixer les choses, il n’y a pas de « s » à la fin des « Glénan », lorsque l’on parle des Îles. En revanche il y en a un, lorsque l’on évoque, « l’école de voile des Glénans ». Ce choix a été décidé à la création de celle-ci. Les Îles des Glénan se composent de neuf îles principales et d’une multitudes d’îlots, d’écueils et roches parsemés dans l’océan. Même les services du SHOM ont des difficultés pour recenser tous ces tas de cailloux.

Les îles principales,

L’île Saint Nicolas, la principale, la seconde de par sa superficie de 3,53 km² ou 353 Ha, si vous préférez. C’est à cet endroit que débarquent les estivants du moment avec les vedettes maritimes. Sur l’île, 1,5 Ha est classé réserve naturelle nationale, due à la présence d’une fleur endémique, « Le narcisse des Glénan ». Cette fleur unique au monde, et donc ne pousse que sur l’île Saint-Nicolas. Les lieux ont été occupé en permanence jusqu’en 1960.

Vue du ponton Saint-Nicolas côté mer

Vue du ponton Saint-Nicolas côté mer

Haut du débarcadère et le bistrot

Haut du débarcadère et le bistrot

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter aussi, une association de bénévoles appelée « Le Sextant » qui s’occupe de la gestion d’un possible hébergement sur cette île Saint Nicolas.

Panneau d'accueil du Sextant

Panneau d’accueil du Sextant

Le Narcisse des Glénan, unique au monde

Le Narcisse des Glénan, unique au monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’île Bananec, bien sûr que c’en est une, mais à vrai dire c’est une simple bande ou cordon de sable blanc. Sa superficie dépend de l’état de la mer. Due à la marée d’une part, marée basse ou haute. D’autre part due aux vents dominants balayant la « Chambre ». Cette surface sableuse est accessible à pieds et à marée basse, à partir de l’île Saint-Nicolas.

Vue de l'île Bananec depuis Saint-Nicolas

Vue de l’île Bananec depuis Saint-Nicolas

Marée Haute, il faut attendre !

Marée Haute, il faut attendre !

 

 

 

 

 

 

 

 

Petite précision sur le terme « La Chambre ». C’est le terme décrivant la surface de l’ocean entouré par les neuf îles formant une sorte de cercle imparfait.

D’autres iles

L’île de « Le Loc’h », d’une superficie d’environ 4,25 Km² ou 425 Ha. C’est la plus des îles des Glénan, possède un étang d’eau saumâtre en son milieu. Une pisciculture y fût implanté ainsi, qu’une unité de brûlage de goémon destinée à la fabrication de la soude. Cette unité a été construite en 1874. A ce jour (2016) il ne subsiste que la cheminée de l’usine, servant d’amer à la navigation. Finalement l’île est retombée dans l’oubli.

Dans le fond à droite l'île Le Loc'h

Dans le fond à droite l’île Le Loc’h

La cheminée de l'usine de soude

La cheminée de l’usine de soude

 

 

 

 

 

 

 

L’île Cigogne,  moins de 1 km² ou 90 Ha exactement. Appelée improprement « île des Cigognes », rien à voir avec la bestiole venue de l’Est. En langue Bretonne elle s’appelle « Seiz Kogn » qui voudrait dire « sept coins », l’île aux sept coins. Vous ne pouvez pas la rater, en son milieu trône un fort militaire. Il a été construit en 1756 sous les ordres du Duc d’Aiguillon. Il était destiné à la protection de nos côtes afin d’empêcher les corsaires anglais et/ou flibustiers de toutes les sortes de fomenter des mauvais coup.

Son rôle,

Finalement, il fût surnommer « le Fort de l’inutile » car il n’a jamais rien arrêté. Pendant son activité les autres îles étaient occupées par les anglais. A noter que l’activité « Multi-tâches » existait déjà en 1756 puisque, le Duc d’Aiguillon s’occupait aussi de la construction du phare de l’Aiguillon et de la Tour des Morées situées au milieu de l’estuaire de la Loire. Finalement tout était déjà inventé ou presque. Depuis son abandon, il sert simplement d’Amer.

Le Fort Cigogne

Le Fort Cigogne

La chambre et un des ses forts

La chambre et un des ses forts

 

 

 

 

 

 

Et ce n’est pas fini,

L’île de Quignenec, voisine de l’île de « Le Loc’h » de 66 Ha, sur lequel il n’y a rien d’intéressant hormis une ancienne ferme. Il y a aussi une ancienne goémonerie, abandonnée. Finalement un bout de rocher sans intérêt.

L’île de Guéotec, petite île au sud-ouest de celle de Penfret. Elle servait de pâtures aux fermiers de Penfret occupant le fort, le sémaphore ou le phare.Sa superficie est de 0,88 Km² ou 88 Ha. Elle est facilement reconnaissable avec son Amer perché sur son sommet. C’est presque, une œuvre d’art. Très utile aux plaisanciers ou marin professionnels.

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L’île de Guiriden, d’une superficie qui varie suivant les marées, malgré tout elle serait d’environ 89 Ha. Sans grand intérêt, c’est une simple bande de sable blanc située au Nord-Ouest de l’île de Penfret. Envahie régulièrement de touristes en mal d’exotisme, une sorte de Hawaï du pauvre.

L’île Brunec, appelée aussi « île Prison », pour avoir reçu des prisonniers français durant l’occupation anglaise. Cela se passait au 18ème siècle, ceux-ci occupaient l’île de Penfret et capturèrent des marins venus de Concarneau afin de ravitailler le Fort Cigogne occupé par les français. Peu ou pas d’écrits donc difficile de corroborer cela. Seule chose certaine, une villa y fut implantée vers 1960, puis abandonnée et enfin démolie en 2008.

L’île Drenec, même punition que la précédente, un îlot sans grand intérêt d’une superficie de 198 Ha ou 1,98 Km². Une ancienne ferme restaurée pour l’école de voile des Glénans.

Fin du décor,

Il nous reste trois îles, deux fausses et une vraie. Elles sont qualifiées sous ces termes, je n’ai rien inventé. Cela se saurait depuis longtemps…

L’île de Penfret, « la vraie » de 4 Km² ou 400 Ha de superficie, avec bien sûr son célèbre phare toujours en service.

L’île aux Moutons, excentrée par rapport aux Glénan, une des fausses car, de surface inconnue. Formée d’un petit archipel qui inclut l’île aux Moutons et le Rocher de Trévarec.

Phare de Penfret sur l'île du même nom

Phare de Penfret sur l’île du même nom

Phare des Moutons sur l'île du même nom

Phare des Moutons sur l’île du même nom

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Rocher de Huic, un rocher émergeant ayant à son sommet un simple fanal en béton éteint depuis 1934. Il fera l’objet d’un article dans la rubrique « Anciennes/Anciens » sur ce site.

Phare ou Fanal du Huic

Phare ou Fanal du Huic

Volontairement je ne développe pas ces trois derniers sujets, ils feront l’objet d’un article dédié pour chacun. Cet article est déjà suffisamment long, si vous êtes allez jusqu’au bout, je vous en remercie.

Tintin, Haddock et Milou à Saint-Nazaire

Le Phare de Pouldohan

Le phare de Pouldohan, petit fanal en béton situé sur la Ria de Minahouet dans le Finistère. Aussi, il est peu ou pas connu du public. Uniquement des locaux, plaisanciers, pêcheurs ou marcheurs du sentier douanier se rendant sur Concarneau.

Le phare de Pouldohan et la ria Minahouet

Le phare de Pouldohan et la ria Minahouet

Vue de l'ocean direction les Glénan

Vue de l’océan direction les Glénan

 

 

 

 

 

 

 

 

Localisation du Phare de Pouldohan,

Le phare de Pouldohan se situe sur la commune de Trégunc, pour y accèder, c’est très simple. Lorsque vous êtes sur la route de Concarneau vers Trégunc. A l’entrée de la ville, sur le rond-point de Minahouet. Aussi, il est simple à trouver, une usine de vêtements marins, très connue dans notre pays, « G.. C….n » face à une brasserie, café portant le nom du lieu. Vous prenez sur votre droite, la route de Lambell, ensuite première à droite de nouveau et prenez le chemin de Grignalou, c’est une route en cul de sac. Un petit parking est situé au bout du chemin car l’accès se fait à pieds.

Historique,

Ce petit havre de paix est situé à l’époque en dehors de tous les nœuds ferroviaires et de la folie touristique. Aussi peu de trafique maritime hormis quelques navires de pêche et de commerce de petites tailles. Donc la demande d’y installer un petit fanal va quelques peu traîner en longueur. L’administration décidera de traiter l’affaire « en rapport avec l’importance des intérêts à desservir… ». Finalement la dépense sera minime. C’est là que le béton fera son entrée quelques peu fracassante.

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Quatre petits phares seront installés dans le sud Finistère de 1924 à 1927. Le phare de Pouldohan et celui de Trévignon en 1924. Ensuite celui de Pors-Poulhan et Merrien en 1927. Ce sont de petites tours carrés de 5 à 7,60 mètres de hauteur.

Le phare de Pouldohan

Le phare de Pouldohan

Celui de Trévignon quelques kilomètres au sud

Trévignon quelques kilomètres au sud

 

 

 

 

 

 

 

 

L’embase est réalisée en moellons ordinaires et le sommet constitué de béton armé. Le phare de Pouldohan permet d’éclairer les navires venant des îles Glénan et notamment l’île aux Moutons située en face.

Depuis 1924 le fanal de Pouldohan fait son job et donc toujours en service à ce jour. Sa portée et de 8 miles nautiques, un feu à éclats vert toutes les 4 secondes. Sa position est 47° 51′ 00″ Nord et 003° 53′ 70″ Ouest. L’accès à la marina est très dangereux, en plus du phare, un chenal est en place au regard des roches émergentes.

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A l’occasion, n’hésitez pas à vous promener dans ce petit coin de paradis. Un sentier côtier permet de se rendre vers la ville de Concarneau. Pour l’activation de ce phare un article va suivre.

Pour le plaisir une photographie du petit phare de « Merrien » évoqué dans l’article, faisant partit de la bande des quatre en béton.

Fanal de la presqu'île deMerrien

Fanal de la presqu’île de Merrien

Bonne lecture et à bientôt.

Les Grands Cardinaux

Les Grands Cardinaux,

Les Grands Cardinaux, phare bien connu des navigateurs du golf de la Vilaine, de Pénerf, Le Crouesty et du Croisic. Si vous désirez vous rendre à Belle-île, il est quasi incontournable. Situé à 1,5 miles nautiques, au Sud-Est de l’île de Hoëdic et 14 miles environ, au Nord-Ouest du Croisic. Aussi, visible de loin et finalement très pratique. Son nom viendrait des quatre roches matérialisant l’endroit et positionnées quasiment aux 4 points cardinaux.

Neuf heures du matin en juin

Neuf heures du matin en juin

Danse avec les Cardinaux

Danse avec les Cardinaux

 

 

 

 

 

 

 

 

Les roches sont mortelles, si vous désirez vous aventurer au pied du phare. Certaines d’entre-elles affleurent la surface de l’eau mais, invisibles avec les reflets du soleil. Même avec un semi-rigide ayant un faible tirant d’eau il faut être très prudent pour aborder ce phare. Donc, l’endroit est excessivement dangereux.

Un peu d’histoire,

Ces lieux sont aussi tristement célèbres depuis le 20 novembre 1759, date de la bataille dite de « Belle-île », appelée aussi bataille « Des Cardinaux ». La flotte anglaise de l’amiral Hawke battit et éparpilla la flotte française composée de 21 navires de combat, sans compter les frégates et corvettes d’escorte.

L’armada française commandée par le maréchal de Conflans perdit de grands navires de 70 à 80 canons, comme, le « Soleil Royal », « Le Formidable », « Le Thésée », « Le Juste », ou « Le Superbe » envoyés par le fond directement ou échoués sur l’estuaire de la Vilaine où ils trouvèrent refuge. La flotte anglaise lors de cet accrochage se rendait dans le golf du Morbihan afin de prendre en charge plus d’une centaine de navires. Ces bâtiments avaient à leurs bords entre 18 et 20.000 hommes de troupes se rendant en Écosse et Irlande sous les ordres du Duc d’Aiguillon.La bataille fut rude et héroïque de part et d’autre.

Tristes fins,

Tous n’ont pas coulés immédiatement sous les boulets de l’ennemi, le mauvais état de la mer y participa grandement en cette semaine de novembre. Le Thésée par exemple, bâtiment de 164 pieds (environ 50 mètres), inauguré l’année précédente, 74 canons, 650 hommes d’équipage, eut une fin bizarre. Au cœur de l’affrontement, le navire vira de bord brusquement, sous le feu ennemi, sabords restés ouverts. La mer s’engouffra à l’intérieur de celui-ci qui sombra sous cet évènement imprévu. 22 hommes seulement survécurent. A noter que son épave n’a été identifié seulement qu’ en 2014. Le « Soleil Royal » et le « Héros » brûlèrent devant le Croisic. Le « Juste » lui coula plus au Sud devant la Pointe Saint Gildas. Côté Anglais, Le « HMS Resolution » et « HMS Essex » finirent sur le plateau du Four, là où quelques décennies plus tard s’éventra le célèbre « Hermione ». Certains s’envasèrent provisoirement dans l’estuaire de la Vilaine.

Île d’ Hoëdic et les Grands Cardinaux,

Le balisage des roches des Grands Cardinaux démarre sur la petite île d’ Hoëdic au Sud de Belle-ile. Îlot de granit de 2500 mètres de longueur sur 800 mètres de largeur. Dans un premier temps, faute de moyen, un bâti en bois est édifié en toute hâte, portant en son sommet une lanterne. Cet échafaudage sera en service de 1831 à 1836 date de mise en service du nouveau phare, en pierre de taille. En 1836, allumage du nouvel édifice de l’île d’Hoëdic et encore en service pour plus de quatre décennies.

Construction,

Le phare des Grands Cardinaux, ne sera érigé qu’en 1879. La réflexion fut longue, un bâtiment de ce type coûte très cher. Les ponts et chaussées veulent essayer autre chose que la construction de bâtiment type « Pieds d’éléphant » comme les six phares précèdent construits en haute mer. Ces phares étant des copies du modèle « Eddystone », type 1755.

Il vieillit mal Pépère !!

Il vieillit mal Pépère !!

Quel beau paysage !

Quel beau paysage !

 

 

 

 

 

 

 

 

Fini les fûts type « Pieds d’éléphant », nouvelle forme tronconique. Cette décision semble-t-il est liée aux travaux sur la résistance des matériaux engagés à l’époque. Le service des phares et balises en déduisent que ces embases à fort empattement sont excessives. Ils décident plutôt que de travailler sur l’embase, il vaut mieux œuvrer sur la masse du phare en elle-même.

Une tour massive et tronconique

Une tour massive et tronconique

Face Ouest de l'embase

Face Ouest de l’embase

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Grands Cardinaux ne seront pas un énième « Pied d’éléphant » à la suite de « Chauveau » 1842, « Baleineaux » 1854, « Les Barges » 1861, « La Banche » 1864, « Le Grand Jardin » 1868, « La Pierre Herpin » 1882, et enfin « Le Grand Charpentier » 1887.

Afin d’assurer la stabilité de l’ensemble, il devront augmenter de façon significative la masse de l’ensemble. Le cubage va passer à une fois et demi un phare traditionnel.

Le même principe sera appliqué à la construction du « Grand-Léjon » en baie de Saint Brieuc en 1881.

L'escalier et l'échelle métallique d'accès

L’escalier et l’échelle métallique d’accès

Ne pas se fier au calme relatif de l'eau

Ne pas se fier au calme relatif de l’eau

Édification,

Les travaux dureront moins de deux années, temps incroyablement court pour un endroit aussi dangereux. Les travaux seront réalisés sous les directives de Mr Léon Bourdelles (1838-1899), l’ingénieur de l’époque. Il organise le chantier de façon rigoureuse, il expérimente un échafaudage central et l’enveloppe du phare sera construite autour. Cette personne fort inventive à qui nous devons, les optiques à rotation rapide sur cuve de mercure. L’installation de feux éclairs, des lampes à incandescence etc…Finalement une bonne quantité de découvertes afin d’améliorer la construction et la maintenance des phares.

Situation et mensurations,

Comme cité précédemment, sa position est 47° 19′ 30″ Nord, 002° 50′ 10″ Ouest. Son locator* pour les radio amateurs est IN87TG. Sa hauteur est de 27 mètres,  et il repose sur un rocher de 50 mètres carré seulement. Les matériaux, de simples pierres lisses enduites d’un ciment étanche. Le coût total de la construction fût d’environ 149 000 Francs.

Embase du Four du Croisic 1887

Embase du Four du Croisic 1887

Embase des Grands Cardinaux

Embase des Grands Cardinaux 1880

 

 

 

 

 

 

 

 

Ajouter à cela, une somme d’environ 8060 Francs afin de ré-habiliter le site de l’ancien phare d’Hoëdic et le transformer en logement. Ces bâtiments seront destinés aux gardiens s’occupant du Phare des Grands Cardinaux.

L’air de rien ce petit phare était classé dans les « Enfers », en grande partie dut à sa position et maintes gardiens de passage s’y sont cassés les dents, et le moral. Finalement, Le Phare des Grands Cardinaux est inhabité depuis 1973, et aussi vandalisé régulièrement depuis lors. Le « Crétin » à toutes sortes de terrains de jeux. Il est dans nos propres familles, sur la route, et fatalement sur la mer. Finalement rien de nouveau.

Bon an mal an, son optique à une portée de 13 miles nautiques, 4 éclats toutes les 15 secondes de couleur blanche.

Merci d’avoir lu ce petit article, le prochain sera sur « Comment se rater sur les Grands Cardinaux ». L’humain ne parle que de « Ses réussites » , jamais de ses ratés, loupés etc…Moi si, aussi je vous parlerai de, comment louper l’abordage d’un phare en mer..

Au pied des Grands Cardinaux

Au pied des Grands Cardinaux

*Locator, à l’origine la terre à été découpée en carrés de 5 kms X 5 kms, afin de mieux se situer et pouvoir communiquer sa position géographique. Ce système est utilisé par les marins, les Radio-Amateurs et d’autres corporations. Finalement, encore un système très pratique pour se situer.

Activation des Petits Impairs

Plantons le décor,

Activation des Petits Impairs, tourelle située dans la baie du Pouliguen. Oui, nous retournons dans le département de la Loire Atlantique, le 44.Cependant nous allons préciser quelques peu les lieux. Cette tourelle permet de baliser le chenal d’accès aux ports du Pouliguen sur bâbord et, de La Baule sur tribord. Enfin, je fais dans le soft car, entre nous, ce ne sont que des parkings aquatiques. En gros, il n’y a pas d’âmes dans ce type d’endroit. Il suffit de regarder le nombre de biens en vente, le long de ces remblais en béton naturel. Pas de clichés concernant ce genre d’endroits.

Revenons à notre tourelle,

La tourelle se situe au large du Pouliguen, à environ, 1 mile des côtes. Deux solutions pour activer celle-ci, le bateau ou, la marche à pied. Il est tout à fait possible d’activer ce phare à pieds, dans ce cas vous partirez avec du matériel léger, style QRP. Le matériel sera du typer Yaesu (ou autre) FT817, 5 watts ou moins, une batterie de 7 Ah, un dipôle mono-bande, un petit mât en fibre de verre. Autre condition bien sûr, un coefficient de marée suffisamment élever, genre vives eaux d’environ 80. Il faudra marcher sur le platain pendant près de 2 kilomètres, c’est faisable sans problème. En revanche, la durée des QSO sera relativement courte. Pour ma part j’ai utilisé l’autre solution, le bateau. Beaucoup plus rock’n roll.

Plus pratique le bateau mais, plus complexe à gérer.

Cale de l'école de voile du Pouliguen

Cale de l’école de voile du Pouliguen

Tourelle des Petits Impairs

Tourelle des Petits Impairs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ma part j’ai choisi comme lieu de départ, la cale de l’école de voile du Pouliguen. Elle est libre, tranquille et en dehors de la ville en cul de sac. En revanche, ne pas y aller en période estivale, surtout pas et si vous n’êtes pas à l’aise avec une remorque, ce n’est pas la peine. Elle est étroite et en forme de « S »…

L’ atterrissage,

Passons aux choses sérieuses, une fois sur place, vous devez surveiller la marée descendante afin de pouvoir échouer votre bateau. C’est là que la partie de plaisir commence, le courant de la marée est relativement fort,  aussi vous devez scruter les têtes de roches. Pour exemple, tirez une chasse d’eau vous comprendrez le phénomène.

Premières têtes de roches émergentes

Premières têtes de roches émergentes

N'oubliez pas de relever le moteur !!

N’oubliez pas de relever le moteur !!

 

 

 

 

 

 

 

 

Oui ! Je sais, les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais, n’oubliez pas de relever votre moteur afin de bien stabiliser le bateau. L’idéal c’est un semi-rigide ou pas, mais un pneumatique dans tous les cas est parfait. Une fois l’eau suffisamment basse et la tête de roche identifiée, comme sur le cliché de droite, vous descendez dans l’eau et maintenez votre coquille de noix. Avec de l’eau au niveau des genoux, il faut compter environ une demi-heure afin d’être stable et tranquille.

Le déménagement,

Vous pouvez commencer à descendre le matériel, et chez OHH ce n’est pas une mince affaire. Comme d’habitude, une antenne verticale Comet CHA250B de 7,13 m de hauteur, une batterie marine décharge lente de 110Ah, mon booster MFJ, siège, table camping, glacière etc…

Les choses sérieuses peuvent démarrer

Les choses sérieuses peuvent démarrer

La station radio est en place

La station radio est en place

 

 

 

 

 

 

 

Il faut être très prudent car en plus de la mer à surveiller, le terrain est très glissant avec le goémon. Je suis tombé deux fois à la mer, il y à une belle hauteur comme vous pouvez le voir sur les clichés suivants. L’activation radio peut commencée, j’ai simplement deux heures de retard due en partie à la marée. Aussi certains OMs n’ont pas eux la patience d’attendre, pas grave, je commence sur la bande des 20 m et fait un russe. Je sais que la mer a encore deux heures à descendre, donc, je ne la surveille pas dans l’immédiat.

Du plaisir,

Du plaisir à l’état pur, cet îlot rocheux, personne autour, hormis les bruits de la ville, les sons portent très loin sur l’océan.

Échouage presque parfait du semi-rigide

Échouage presque parfait du semi-rigide

Elle est pas belle la vie...

Elle est pas belle la vie…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pile-up se montre rapidement et les chasseurs de phares nombreux, pointent leur nez. Comme je suis avec la verticale dont l’angle de départ est plus bas qu’un dipôle, l’Europe  de l’Est et la Scandinavie arrivent fort. Les contacts s’enchaînent avec les allemands et les italiens passionnés de phares. Sur la bande des 20 m donc, je suis vers 14,260 mHz, donc pas de français ou presque, ils sont en général plus bas vers 14,110.

Come-back,

Tout à une fin, je commence à voir la mer remonter et très rapidement, je décide de ranger les choses fragiles comme, le FT857, booster, câbles de liaisons, et coaxiaux.

Le cycle inverse se met en route

Le cycle inverse se met en route

Il est temps de rentre à l'hospice

Allez ! Il est temps de rentrer à l’hospice

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le cliché de gauche, l’opérateur c’est Phil, F5OGG, OM et joueur de cornemuse pour son plaisir qui est venu me voir durant l’activation, à … La nage. Qui a dit, que les Radio-Amateurs étaient des pantouflards ?

Il repartira quand même en bateau avec moi.

Le matériel rangé, nous attendons que la marée permette au bateau de flotter de nouveau et reprendre sa liberté. Ainsi nous pourrons repartir. Bien sûr un petit tour de bateau au large de la Pointe de Penchâteau s’impose en attendant que l’ocean recouvre l’estran à nouveau.

Pour finir,

Aussi voila quelques données concernant cette Tourelle/Fanal/Phare etc… Elle se situe dans la Baie du Pouliguen en Loire Atlantique (44). Sa position est L = 47° 10′ 00″ N et l = 002° 24′ 60″ W. Son locator est IN87TG et sa référence pour le DPLF* est PB 123.

N’oubliez pas de valider votre activation auprès des associations concernées. Aussi n’hésitez pas à les contacter si vous avez des questionnements. Finalement cette activation est sympathique et pas très complexe. Prenez du plaisir et n’oubliez jamais que quelque soit votre hobby ce qui compte c’est de vous faire plaisir. Sinon laissez tomber, passez à autre chose.

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. A bientôt.

Pointe de Penchateau au Pouliguen

Pointe de Penchateau au Pouliguen

Pointe de Penchateau au Pouliguen

Pointe de Penchateau au Pouliguen

 

 

 

 

 

 

 

 

*DPLF Diplôme des Phares du Littoral Français.

Aussi un peu de radio après être arrivé à la nage, Philippe méritais de faire quelques QSO…hihihi.Finalement une bonne journée de radio et de calme en mer, aussi près du rivage.

Si on jouais à ....Guignol perché ?

Si on jouais à ….Guignol perché ?

Phil F5OGG, en plein action....De radio

Phil F5OGG, en plein action….De radio

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