Tour de Penerf

Tour de Penerf, une tourelle situé sur le territoire de la commune de Damgan en Bretagne. Nous montons vers le nord en quittant la Loire-Atlantique et pénétrons dans le département du Morbihan, à la hauteur de la commune de Muzillac, nous prenons sur la gauche en direction de la Presqu’île de Rhuys et traversons le village de Damgan en direction de celui de Penerf. Cet endroit désertique et agrémenté d’une multitude de récifs en tous genres est, un enfer lors des grandes marées d’équinoxes, envahi par une horde de « Tamalous » en camping-cars ou véhicules légers se garant n’importe où. Si d’aventure cela vous arrive je vous conseille la marche à pieds, le vélo ou la moto comme votre serviteur. Pour revenir à notre tourelle elle se situe dans la rade de Penerf, en compagnie d’une autre de ses consœurs, beaucoup plus récente « La tour Pignon » qui marque l’entrée de la rade. L’endroit est étroit et dangereux pour les navires se rendant vers Ambon.

Étroit chenal de Penerf

Étroit chenal de Penerf

La tourelle du "Pignon" à l'entrée de la rade

La tourelle du « Pignon » à l’entrée de la rade

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr, avant cette signalisation moderne, il y avait déjà la tourelle « de Penerf » située à quelques centaines de mètres de celle-ci. Appelée aussi tour à feu à l’époque, le souci actuel c’est sa datation, son origine. Au niveau des  écrits, c’est plus aléatoire, il faut remonter au Moyen Age. Peu de phares existent au sens propre du terme, l’on trouve des édifices militaires ou religieux servant d’amers. En 1290, sur la ville de Calais, un foyer est installé sur la tour de guet, un autre similaire est mentionné en 1365 à Dunkerque. Un siècle plus tard sur la commune de La Rochelle, la tour du Garrot est équipée d’un foyer lumineux et devient « La Tour de la Lanterne ». Côté atlantique à la même époque, une lanterne est installée dans la collégiale de Guérande et sur la « Tour de Penerf ».

Tour de Penerf à marée basse coefficient 117

Tour de Penerf à marée basse coefficient 117

Lieu de promenade dominicale très prisé

Lieu de promenade dominicale très prisé

 

 

 

 

 

 

 

 

Le but étant de signalé l’entrée de la rivière « La Vilaine » mais, cette information reste aléatoire mais plausible. A cette époque, sortant du Moyen Age, la flotte maritime et la navigation est en plein essor, l’estuaire de La Vilaine permet aux navires de remonter dans les terres jusqu’à la ville de Redon. Les cargaisons prennent de plus en plus de valeurs et l’on prend petit à petit conscience du nécessaire balisage de nos côtes.

La Tour vue du village du même nom

La Tour vue du village du même nom

La Tour sur le rivage

La Tour sur le rivage

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette Tour aurait été construite sous le règne de François 1er, mais rien ne l’atteste en terme de document écrit ou graphique. A l’origine c’est une tour de guet qui protège l’entrée de la Vilaine et le port de Penerf, très actif à l’origine. Concernant son activité de « Fanal », le premier document est une carte, établie par le chevalier de Clerville, en 1664. Elle sert à repérer d’éventuels navires ennemis venant de la mer, principalement Anglais.

Le soubassement est immergé à marée haute

Le soubassement est immergé à marée haute

La tour côté océan

La tour côté océan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa construction daterait du 16ème siècle, comme l’atteste la forme des consoles du parapet de type breton. Sa hauteur est de 15 mètres et son diamètre est de 3 mètres environ. Les matériaux employés sont principalement des moellons de schiste et de granite. La stabilité de l’ouvrage, est assurée par un soubassement remplie de sable et de galets, doublés d’une ceinture en granite. Sa vocation militaire fût limité étant donné que Vauban (1633-1707) établi une ligne de défense sur les îles de Houat, Hoëdic et Belle-Ile et non sur le continent. Il partait du principe que, lorsque les navires ennemis arrivaient sur les côtes, il était déjà trop tard, il valait mieux les stopper en mer. La tour possède trois pièces superposées dont, deux équipées de cheminées.

Détail des mâchicoulis

Détail des mâchicoulis

L'échelle d'accès a été déposée

L’échelle d’accès a été déposée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tour ne fut pas inclus dans le plan d’éclairage du littoral français de 1825 et donc ne possédât pas de lanterne à son sommet. L’administration des phares et balise préféra construire un petit phare sur la commune de Billiers, quelques kilomètres à l’Est. C’est le phare de Penlan, construit en 1839 et toujours en activité, en revanche la Tour de Penerf fut blanchie à la chaux et sert d’Amer remarquable depuis cette époque.

Cette tour de Penerf est inscrite depuis le 22 ocotbre1997 au titre des monuments historiques. Depuis les années 1910/20 certaines personnes l’appelle « La Tour des Anglais », pourquoi ? Je n’en sais rien et personne ne semble le savoir…

Une chose est certaine, cette tour figure toujours sur les cartes marines officielles en 2016 sous le nom de « Tour des Anglais blanche », comme amer remarquable. De nombreux promeneurs viennent l’admirer au gré d’une promenade bucolique, digestive ou dominicale. Quelque soit sa motivation, le badaud se trouve face à une « Dame » qui en a vue des évènements, notamment au large, le naufrage de l’Hermione à l’Est du plateau du four, le 21 septembre 1793 après avoir appareillé à Mindin la veille, où les épisodes de la guerre des Cardinaux.

Merci d’avoir lu cet article et à bientôt. Cette tour bien sûr n’est pas référencée pour le DPLF, activé par les Radio-Amateurs ou les SWL.

 

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